Imputation rationnelle des CF

Méthodes de coûts partiels

 

Chapitre n°1 La méthode de l’imputation rationnelle des charges fixes

1. Présentation

 

Jusqu’à présent, les coûts que nous avons déterminés grâce à la CAE sont des coûts :

 

- réels (les charges ont été réellement constatées) ;

 

- complets (toutes les charges ont été incorporées dans les coûts).

 

Nous avons été en mesure de déterminer des prix effectifs d’un bien fabriqué.

 

Toutefois, ces renseignements sont insuffisants. Les décideurs doivent obtenir des informations plus rationnelles (indicateurs de gestion).

 

En effet, entre plusieurs périodes d’analyse (généralement tous les mois), les résultats diffèrent et il est impossible de déterminer l’origine de ces variations.

 

La méthode de l’imputation rationnelle des CF permet d’aménager la méthode des coûts complets de façon à ce que le volume d’activité n’ait plus d’influence sur les coûts.

 

Elle met ainsi en évidence le paramètre « rendement ».

 

Les coûts unitaires vont devenir indépendants de l’activité et leur variation reflétera une détérioration ou une amélioration des conditions d’exploitation de l’entreprise.

 

2. Principes de la méthode

La méthode repose sur 2 principes fondamentaux :

 

La distinction charges fixes/charges variables (CF / CV)

 

Pour illustrer , prenons l’exemple suivant :

 

Une entreprise fabrique 500 articles au cours du mois de mai N.

 

-   CF = 40 000 €

-   CV = 100 000 €

 

d’où     CV unitaire = 200 €

            CF unitaire =  80 €                              Coût de revient unitaire = 280 €

 

- Le mois suivant, l’entreprise ne produit plus que 400 articles alors,

-      CF = 40 000 €

-      CV = (100 000 * 400)/500 = 80 000 €

 

et    CVu = 200 €

       CFu = 40 000 / 400 = 100 €               Coût de revient unitaire = 300 €

 

- Le mois d’après, l’entreprise produit 600 articles, et détermine alors un coût de revient         unitaire de 266.67 €

 

Ces variations posent plusieurs problèmes :

 

-   les comparaisons sont difficiles ;

 

-   comment fixer les prix de vente des articles ?

 

La méthode de l’imputation rationnelle des CF ne retient dans le calcul que la part des CF qui correspond au volume réel de production de la période par rapport au volume normal d’activité.

 

On va utiliser un « régulateur » que l’on appelle le coefficient d’imputation rationnelle.

 

 

 

Mais il faut définir ce qu’est une activité « normale »

 

La définition d’une activité normale

 

L’entreprise présente deux potentiels :

 

     -    le potentiel théorique : Utilisation continue des machines ;

 

     -    le potentiel réel : 15 % à 25 % inférieur au précédent (réparations, absences, ...).

 

L’activité normale de l’entreprise dépendra donc de paramètres internes (machines, qualifications, ...) et externes (Absentéisme, concurrence, ...).

 

              Exemple :

 

 

 

- IMPUTATION RATIONNELLE DES CHARGES FIXES -

 

Activité normale

:

500 articles

Activité normale

:

500 articles

Activité normale

:

500 articles

Activité réelle

:

500 articles

Activité réelle

:

400 articles

Activité réelle

:

600 articles

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Coef. d'IR

:

 

Coef. d'IR

:

 

Coef. d'IR

:

 

CS imputées

CS imputées

CS imputées

40000 X 1 = 40000

40000 X 0,8 = 32000

40000 X 1,2 = 48000

C Variables

C Variables

C Variables

100000

 

 

CV 100000

 

140000

CV 80000

 

112000

CV 120000

 

168000

CS 40000

 

CS 32000

 

CS 48000

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Coût de revient unitaire

Coût de revient unitaire

Coût de revient unitaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A partir des ces principes on peut distinguer deux situations :

 

  - la sous-activité, si le coefficient d’IR est inférieur à 1, on parle de sous-imputation des CF ;

 

  - la sur-activité, si le coefficient d’IR est supérieur à 1.

 

On peut alors développer la méthode en définissant non plus un coefficient homogène pour toute l’entreprise mais un niveau d’activité propre à chaque service.

 

3. Critique de la méthode

a)        Avantages

 

-  Les coûts ne sont plus affectés par des variations de niveau d’activité ;

 

-   Une meilleure fixation du prix de vente ;

 

-  Mise en évidence du coût de sous-activité ou bonus de sur-activité ;

 

-  Un premier pas vers les coûts standard et les coûts prévisionnels.

b)        Inconvénients

 

-  Un problème majeur : la fixation de « l’activité normale » ;

 

-  Les coûts ne sont pas plus précis que ceux de la méthode des coûts complets ;

 

-  La méthode est lourde à mettre en place.

 

 

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